Les "527" s'animent dans la campagne américaine

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C'est une spécificité américaine. Outre les équipes officielles de campagne et les partis politiques, n'importe quel groupe indépendant peut, moyennant dollars, diffuser des publicités électorales. Ces associations sont généralement regroupées sous l'étiquette "527", du nom du chapitre du code des impôts auquel elles sont affiliés. L'avantage : non soumises au contrôle des commissions électorales, elles peuvent dépenser autant d'argent qu'elles souhaitent pour défendre une cause. La plupart ne sont également pas tenues de révéler leurs donateurs -certaines cumulent parfois plusieurs millions de dollars.
 
Officiellement, les "527" n'ont pas le droit de soutenir  un candidat. Mais la frontière, très floue, est généralement allégrement franchie. Surtout quand il s'agit d'attaquer l'adversaire de son champion, ce qui permet de ne pas appeler directement à voter nommément pour une personne. En 2004, le groupe "Swift boat veterans for truth"  avait ainsi diffusé un spot où il remettait en cause les états de service et assimilait John Kerry, le candidat démocrate, à un lâche. Le clip avait été dévastateur pour l'adversaire de George W. Bush. Il est aujourd'hui cité en exemple pour illustrer les dérives des "527" et des groupes indépendants.

Prenant les devants pour éviter toute polémique, Barack Obama et John McCain se sont désolidarisés des agissements des "527" dès la fin des primaires. Depuis, les "527" étaient restés à la lisière des débats. Mais alors que la bataille est de plus en plus serrée, ils viennent de débouler en force, à grand renfort de publicités télévisées, envoi de mails et de messages viraux.

Barack Obama est aussi pris pour cible. Born alive truth, un groupe opposé à l'avortement, laisse par exemple la parole à une femme, Gianna Jessen, qui a survécu à un avortement raté. Objectif : critiquer la position du candidat démocrate en faveur de l'avortement. "Je ne serai pas vivante si Barack Obama avait été là à l'époque", lance-t-elle, en affirmant que le sénateur de l'Illinois a voté à quatre reprises contre une loi autorisant le droit à la vie pour les bébés nés vivants lors d'un avortement raté. Mais le planning familial américain a promis lui aussi, à grands renforts de millions de dollars, de s'insérer dans la campagne américaine.

Gianna Jessen : sa publicité (anglais non sous-titré)

Sources : LCI