Bébé avorté jeté vivant à la poubelle aux Etats-Unis : le médecin pert sa license

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L'affaire remonte à juillet 2006. A dix-huit ans, enceinte de 23 semaines, Sycloria Williams est allée se faire avorter dans une clinique près de Miami pour la coquette somme de 1200 dollars. Alors qu'elle était prête pour l'avortement, ayant pris ses médicaments, elle enfanta d'une petite fille bien vivante avant que le docteur Pierre Jean-Jacque Renelique n'arrive. Ce dernier était en effet en retard de plusieurs heures. L'une des propriétaire de la clinique, Belkis Gonzalez, n'ayant pourtant aucune licence médicale pour procéder à des avortements, a coupé le cordon ombilical et a mis le bébé dans un sac poubelle. Selon Tom Pennekamp, l'avocat de Sycloria Williams, Gonzales aurait même assomé le bébé en le laissant tomber sur le sol. Le cordon ombilical n'avait même pas été correctement fermé avant d'être coupé. Le docteur Pierre Jean-Jacque Renelique a perdu aujourd'hui sa licence

La police avait trouvé le corps décomposé une semaine plus tard après avoir reçu des informations anonymes. "Je me fiche de savoir quel est votre bord politique, quelle est votre morale, mais cela ne devrait pas se passer ici", a déclaré  Tom Pennekamp, l'avocat de Sycloria Williams. Sycloria Willams a déclaré avoir eu des difficultés à se décider à avorter, pensant finalement n'avoir ni la maturité ni les ressources pour élever un enfant.

Les anti-avortement se sont levés pour dénoncer ce meurtre, alors que même les pro-avortement ne cachent pas leur embarras. L'autopsie a révélée que Shanice (du nom qui lui a été finalement donné) a bien empli ses poumons d'air et est donc bien née vivante. Selon Robert Batey, professeur en droit ciminel, la défense pourra prétendre que le bébé serait de toute façon mort, mais la plupart des cours de justice n'accepteraient pas l'argument. "Hâter la mort d'un individu en phase terminale reste considéré comme causer la mort de cet individu", a-t-il déclaré avant d'ajouter "et je pense qu'une cour rendrait un jugement similaire dans ce cas".

Les dossiers à New-york concernant le médecin montrent qu'il a déjà fait dans le passé l'objet d'au moins  cinq rapports pour des incidents dont la nature n'a pas été révélée. L'ordre des médecins examine aujourd'hui son cas et envisage de lui enlever sa licence. Du côté de la justice, une enquête de la division en charge des homicides est toujours en cours.

Une affaire qui relance aussi le débat sur le délai légal d'avorter. Car si le médecin avait été là à temps, rien n'aurait vraisemblablement filtré. Le bébé aurait été tué sans que l'information ne perce. En effet, à 23 semaines, un bébé a une chance mince mais bien réelle de survie. Des quadruplés de 23 semaines ont même survécus l'année dernière dans le centre médial du Nebraska.

Source : CBS