Brèves
Le 26 avril 2012, Stephen Woodworth député conservateur au Canada, a déposé une motion, posant la question du statut juridique de l’embryon. Cette motion serait susceptible de remettre en cause la légalisation de l’avortement actuellement en vigueur. Niki Ashton, porte-parole du NDP (nouveau parti démocratique) en matière de condition féminine, dénonce l’hypocrisie du premier ministre, Stephen Harper, qui "dit ne pas vouloir rouvrir le débat". Or, "c’est exactement ce qu’a fait son parti dans les deux dernières semaines".
Jeudi 10 mai 2012, plus de 12 000 personnes se sont rassemblées dans les rues d’Ottawa, à l’occasion de la quinzième Marche nationale pour la Vie. Organisé par la Coalition nationale pour la vie, cet événement avait pour objectif de "maintenir la pression sur le gouvernement fédéral pour qu’il s’engage à rouvrir le débat sur l’avortement". Les manifestants demandent au gouvernement de légiférer, "afin de garantir la protection de tous les êtres humains, du moment de leur conception jusqu’à leur mort naturelle".
La motion déposée par Stephen Woodworth devrait être votée à la mi-juin.
Source : synthèse de presse gènéthique (lapresse.ca)
Après le refus du Chili, l'Uruguay et le Brésil sont également amenés à s'interroger sur la question de la dépénalisation de l'avortement. Actuellement, seuls Cuba, Porto Rico et la ville de Mexico l'autorisent.
En Uruguay, l'adoption par le Sénat, fin 2011, d'une loi visant à légaliser l'avortement ne fera finalement pas l'objet d'un vote par la chambre basse du Parlement. En effet, la majorité de gauche n'a pas le soutien de l'ensemble de ses élus et les dirigeants politiques d'autres tendances politiques semblent tout aussi opposés à la dépénalisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG).
Au Brésil, la Cour Suprême a autorisé l'avortement pour les fœtus n'ayant pas de cerveau (anencéphalie). Cette autorisation est une brèche supplémentaire dans la législation qui jusqu'alors n'autorisait l'avortement que dans deux hypothèses: lorsque la santé de la mère était menacée ou lorsque celle-ci avait subi un viol. Si pour les militantes féministes, cette décision est positive, les juges de la Cour Suprême précisent cependant qu'elle ne vise en aucun vas à légitimer l'IVG.
Source : RFI.fr - Romandie.com via la revue de presse gènéthique.
Le parlement Chilien a refusé de légiférer mercredi 4 avril 2012 trois propositions de loi tendant à dépénaliser l’avortement en cas de malformations, de danger pour la vie de la mère ou de l’enfant.
Le Sénat n’a pas voté contre un projet de loi en tant que tel, mais bien contre l’idée même de légiférer un tel acte. Le règlement précise que ce thème ne pourra pas revenir en débat législatif avant un an.
Pour rappel, l’avortement thérapeutique qui était permis sous la dictature d’Augusto Pinochet fait l’objet d’une interdiction absolue depuis 1989 et encore aujourd’hui.
Le sénateur Alberto Espina précise en effet que : « Notre législation établit la protection du droit à la vie de l’être à naître, et ce droit apparait au moment de la conception ».
Source : AFP via Gènéthique.org
Le 30 mars 2012, Pierre-Olivier Arduin revient sur un article publié dans la revue Journal of Medical Ethics. Ce dernier, écrit par deux universitaires - Francesca Minerva et Alberto Giubilini - plaide pour un droit à supprimer des nouveau-nés dans les mêmes conditions que l'avortement.
Pour Pierre-Olivier Arduin, le raisonnement des deux universitaires est un raisonnement en trois étapes. D'une part, ils développent la notion "d'euthanasienéonatale" selon laquelle, l'avortement pratiqué en raison d'une anomalie détectée chez l'enfant à naître doit pourvoir être étendue au handicap détecté après la naissance.
D'autre part, ces chercheurs considèrent cette première notion trop restrictive parce qu'ils estiment devoir "faire valoir les intérêts des parents" en prenant en compte "des critères tels que les coûts social, psychologique et économique" afin de recourir au "meurtre du nouveau-né" même s'il est en bonne santé.
Enfin, ils estiment que " foetus" ou "nouveau-né" ne sont pas des "personnes au sens éthique du terme" car "pour pouvoir être défini comme une personne et donc se voir attribuer des droits, dont le droit à la vie, il faut être doté d'une conscience de soit, de la capacité de se relier aux autres et au monde qui nous entoure".
Source : Libertépolitique.com (Pierre-Olivier Arduin) 30/03/12
En toute illégalité, l'Union européenne a donné des millions d'euros aux deux plus importants fournisseurs d'avortement dans le monde, Marie Stopes International et la Fédération internationale du planning familial (IPPF) : si les chiffres exacts concernant cette dernière n'ont pas été révélés, Marie Stopes a reconnu avoir reçu 30 millions d'euros sur la seule période 2005-2009. C'est ce qui ressort d'un rapport publié jeudi par European Dignity Watch (information donnée en langue française par hermas.info).
Vu que les pays membres de l'Union européenne sont en désaccord sur la question de l'avortement, l'UE n'a pas le droit de financer l'avortement au titre des fonds versés au pays en voie de développement pour la « santé sexuelle et reproductive » – la définition européenne de celle-ci exclut explicitement l'avortement et la promotion de mais aussi la stérilisation et les essais non autorisés sur les méthodes contraceptives.
Source : le blog de jeanne smits
Un récent rapport a évalué le coût de l'avortement à 500 €. Notamment un argument pour rendre la contraception gratuite. Cela ne coûterai « que » 80 euros par jeune fille et par an. Cette somme peut donc s'ajouter aux 500 €.
A ceci près que la mentalité contraceptive mène à l’avortement, et que la pillule n'est pas réputé pour être à 100% inoffensive, et ne compte pas non plus les frais liés aux divers traumatismes post-avortement.
Le 13 mars 2012, la Cour suprême d'Argentine a confirmé un jugement rendu par un tribunal provincial, autorisant l'avortement en cas de viol. En 2010, ce jugement issu de la plus haute cour de la province de Chubut (sud de l'Argentine), avait en effet autorisé la pratique d'un avortement sur une jeune fille de 15 ans qui avait été violée.
Cette décision élargit le champ d'application d'une loi de 1922, selon laquelle seules les femmes atteintes d'une maladie mentale et ayant subi un viol pouvaient avorter. Dans leur jugement, les magistrats écrivent que "dans ces cas [de viols], les médecins n’auront plus à demander une autorisation à la justice : il suffira d’une déclaration de la victime ou de son avocat soulignant qu’elle s’est retrouvée enceinte comme conséquence d’un viol".
Source : Courrier international 15/03/12- Europe 1 14/03/12 - Le Soir.be 13/03/12, via le revue de presse gènéthique
Le 28 février 2011, le Sénat de l’Etat américain de Virginie a approuvé de justesse une version modifiée d’une proposition de loi controversée exigeant une échographie préalable pour les femmes souhaitant avorter. Après un débat long et houleux entre les sénateurs, la proposition de loi a été votée à 21 voix contre 19.
Ce vote est intervenu une semaine après que le gouverneur Robert F Mc Donnell ait demandé au législateur de réviser la proposition de loi suite à une manifestation de protestation ayant rassemblé 1000 personnes. Le projet de loi initial imposait aux femmes voulant recourir à l’avortement, une échographie transvaginale.
"Le but de ce projet de loi est de s'assurer que les mères ont le maximum d’informations quant à l'âge gestationnel et le développement physique avant de prendre une décision quant à l'avortement", a déclaré lors du débat le sénateur Stephen H. Martin.
Le projet de loi adopté a été amendé par le Sénat de façon à exclure de cette loi les femmes ayant signalé aux agences appliquant la loi qu’elles ont été victimes de viol ou d’inceste. Toutefois, la loi n’exempte pas les femmes qui savent que leurs bébés pourraient souffrir de malformations.
7 autres Etats américains ont voté des lois similaires.
Source : via la revue de presse gènéthique The Washington Post (Anita Kumar) 28/02/12 - Le Quotidien du médecin 22/02/12 – Romandie News 21/02/12
Hier, le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy a annoncé vouloir réformer la loi sur l'avortement. Annoncée par Alberto Ruiz-Gallardon, ministre de la justice, cette réforme exigerait notamment que les mineures obtiennent une autorisation parentale pour avorter. Le ministre n'a pas précisé si la loi serait modifiée sur d'autres points, ni quand le nouveau projet de loi serait présenté.
Source : synthèse de presse gènéthique.
Le 16 janvier 2012, le Canadian Medical Association Journal a proposé que l'on interdise aux médecins de révéler le sexe de l'enfant à naître avant la 30eme semaine de grossesse, ce qui permettraient d'éviter les avortements sélectifs des foetus féminins pratiqués essentiellement par certains groupes asiatiques.
Le Dr Rajendra Kale, rédacteur en chef du journal, a rappelé que connaître le sexe du fœtus est "médicalement sans importance" et que taire cette information pourrait être "un prix modeste à payer pour sauver des milliers de filles au Canada". Le médecin poursuit en écrivant que même si ce "foeticide" est moins important en Amérique du Nord qu'en Chine ou en Inde, "ce n'est pas une raison pour l'ignorer". Il cite des recherches montrant qu'une sélection en fonction du sexe existe au Canada dans les communautés d'origine indienne, chinoise, coréenne, vietnamienne et philippine. Par ailleurs, le recensement de 2000 révélait déjà des ratios déséquilibrés en faveur des garçons dans les familles asiatiques aux Etats-Unis.
S'il ne réclame pas une loi, le Dr Kale souhaiterait une décision collective de tous les "collèges" provinciaux, organismes professionnels de praticiens. Le médecin insiste : "Si le Canada est incapable de contrôler une pratique aussi répugnante, quel espoir peut-on avoir en Inde ou en Chine ?"
Cyberpresse.ca 16/01/12 - AFP (Michel Viatteau) 16/01/12 via la revue de presse gènétique
Mi-janvier 2012, la Cour administrative d'appel de Nancy a refusé la requête d'un couple qui accusait la maternité régionale de "préjudice moral" pour avoir refusé de pratiquer un avortement. En 2008, alors que la femme en était à son 5ème mois de grossesse, l'interruption médicale de grossesse (IMG) avait été refusée au couple à deux reprises par la commission médicale de l'établissement.
L'imagerie médicale avait révélé une anomalie au bras gauche du fœtus, qui s'est vérifiée à la naissance de la fillette. Celle-ci n'a pas d'avant-bras gauche et bénéficie d'un appareillage. Ses parents, qui disent avoir vécu cette grossesse dans "un état de profond désespoir", réclamaient entre autres "50 000€ à la maternité en réparation du préjudice résultant du refus de procéder à l'interruption médicale de grossesse".
Le Républicain Lorrain 13/01/12, via la revue de presse gènéthique
En Nouvelle-Calédonie, les élus ont ouverts la possibilité de proposer aux femmes de Brousse et des Îles des avortements médicamenteux dans les dispensaires. En 2009, il y a eu 1 479 avortements en Nouvelle-Calédonie. Proportionnellement au nombre de femmes en âge de procréer, ce taux est supérieur à celui de la métropole.
Le Dr François-Xavier Mangolte, responsable du dispensaire de Thio, souligne qu'il faudra réfléchir au cas par cas et agir "avec beaucoup de précautions". Le médecin de Brousse souhaite en effet rester prudent : "Une IVG, ce n'est jamais anodin". Il estimeque les recours à l'IVG devraient "s'accompagner d'un suivi et de la mise en place d'une contraception. Ce qui n'est pas toujours évident avec des patientes habitant des zones isolées".
Les Nouvelles Calédoniennes 11/01/12 via la revue de presse gènéthique
A Budapest en Hongrie, l'entrée en vigueur de la nouvelle Constitution controversée a provoqué des nombreuse manifestations; qualifiée d' "anti-démocratique" par l'opposition, le texte précise notamment que "l'embryon est un être humain dès le début de la grossesse".
Paul Gradvohl, spécialiste des civilisations d'Europe centrale et maître de conférences à l'université de Nancy-II, explique cette reconnaissance du statut de l'embryon comme être humain par une crainte du déclin démographique et une volonté de restaurer l'ordre moral. Certains disent craindre que l'avortement soit remis en cause dans le pays.
Sources : revue de presse gènéhtique, via Libération (Hélène Despic-Popovic) 04/01/12 - Le Monde.fr (Elise Barthet - Joëlle Stolz) 04/01/12 - 03/01/12 et 02/01/12 - L'Express.fr 02/01/12 - 20 minutes 01/01/12
Le débat sur le statut légal des fœtus au Canada est sur le point d'être relancé. Et avec lui, celui de l'avortement. Le député conservateur Stephen Woodworth trouve inconcevable que le fœtus n'ait aucune existence légale tant qu'il n'est pas sorti vivant du corps de sa mère et demande à ce que cela soit changé.
Source : Le Devoir
Le sénat uruguayen s'est prononcé mardi après un débat houleux en faveur de la dépénalisation de l'avortement lors des douze premières semaines de grossesse. Le projet de loi doit à présent recevoir le feu vert de la chambre basse, vraisemblablement en février, après la reprise des sessions parlementaires.
Dix-sept sénateurs ont approuvé le projet de loi, tandis que quatorze ont voté contre, après près de dix heures de vifs échanges. Il y a trois ans, le prédécesseur du président José Mujica, Tabaré Vazquez, avait refusé l'adoption de la dépénalisation de l'avortement, estimant qu'il s'agissait d'une violation du droit à la vie.
L'avortement a été interdit en Uruguay en 1938 et l'actuelle loi prévoit la possibilité d'avorter dans des cas strictement définis, comme après un viol ou lorsque la grossesse peut s'avérer dangereuse.
Source : 20minutes


