Ordonnances falsifiées : la spirale infernale après un avortement
Un couple a comparu hier devant le tribunal correctionnel pour avoir volé et falsifié des ordonnances en vue de se faire remettre toutes sortes de calmants. Ils ont été arrêtés dans une pharmacie mardi à Strasbourg. L'affaire a été renvoyée en raison des désaccords entre les prévenus.
Le 10 novembre, la police est alertée par une pharmacienne de la route de Mittelhausbergen à Strasbourg qu'un couple tente de se faire délivrer des médicaments (des anxiolytiques, NDLR) à l'aide d'une ordonnance falsifiée. Elle indique que trois semaines plus tôt, la mise en cause lui avait déjà remis une fausse ordonnance avant de quitter les lieux précipitamment.
A la barre, la jeune femme de 22 ans prend place aux côtés de son ami, âgé de 35 ans. D'une voix pâteuse, la benjamine - officiant dans un bar à hôtesses - raconte le parcours qui l'a conduite à dérober des ordonnances au CHU de Hautepierre. « Courant septembre, je suis allée à l'hôpital pour me faire avorter. J'étais à la limite. Un infirmier m'a dit que je devais me faire prescrire par mon médecin traitant un premier médicament. J'ai eu peur de ne plus être dans le délai. J'ai profité d'une porte ouverte et j'ai dérobé des ordonnances et un tampon. Je me suis fait la prescription de ce médicament que j'ai payé moi-même.
Après, je suis tombée dans une spirale. J'avais besoin d'oublier le meurtre de mon bébé. J'ai voulu me sortir de la réalité. Je me suis défoncée. Je me suis même piquée, j'ai pris beaucoup de produits », avoue la prévenue, confiant son mal-être à ses juges.
Son compagnon, toxicomane sous traitement de substitution, est poursuivi pour « recel des ordonnances et déclaration mensongère à la CPAM ». Agité, incapable de se taire, il tergiverse et se dédouane des agissements de sa copine. Durant les débats, il marmonne des recommandations à la co-prévenue. Le président de la chambre des comparutions immédiates n'a cesse de le rappeler à l'ordre. Sans grand succès.
La jeune femme s'énerve à son tour, assure que son ami était complice du vol. « Je t'ai dit que je t'aiderai, je ne t'ai jamais dit que j'endosserai le tout », lui lance-t-elle. Le trentenaire - dont onze condamnations émaillent le casier judiciaire -, réplique maladroitement : « Je sais que je vais retourner en taule. Toi, tu ne risques rien tu ne vas pas aller en prison pour ça. »
Au final, Me Gaëlle Koenig constate son impossibilité à défendre le couple, dans la mesure où leur point de vue diverge subitement. L'affaire a été renvoyée au 8 décembre. La jeune femme a été laissée libre. Son comparse a été maintenu en détention.
Source : Les dernières nouvelles d'Alsace
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