Oskar Freysinger : "on avorte comme on va aux toilettes"

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Oskar Freysinger est conseiller national de l’UDC, la première formation politique de Suisse. Il a signé, avec d’autres de ses confrères du Parlement suisse, une pétition intitulée « Financer l’avortement est une affaire privée ». Oskar Freysinger répond aux questions des Nouvelles de France.

Vous avez signé une pétition demandant l’arrêt des subventions publiques de l’avortement, pourquoi ?

L’avortement est inclus dans les remboursements de la caisse maladie, donc des gens comme moi paient pour ce qu’ils considèrent comme un crime, je trouve ça totalement anormal. Nous estimons que si quelqu’un, dans son plan de vie, veut avorter, il doit faire payer cela par des caisses complémentaires.

Pensez-vous que l’avortement soit justifié dans certains cas ?

Des situations médicales dramatiques peuvent le justifier mais uniquement lorsque la vie de la mère est en danger. En tous les cas, je le répète, je trouve qu’il n’est pas correct de me faire financer l’avortement alors que j’y suis moralement totalement opposé.

Et si une personne n’a pas les moyens d’avorter ?

Ecoutez, si quelqu’un veut vraiment avorter qu’il se démerde, ce ne sont pas nos affaires !

Pensez-vous vraiment arriver à remporter cette votation ?

En tous cas ça nous permet de relancer la question de l’avortement. Les sociétés évoluent. Des combats que nous n’aurions pas gagné il y a 10 ans, on les gagne aujourd’hui. Il n’y a pas de sens de l’histoire.

Les Suisses sont-ils vraiment enclin à débattre de l’avortement ?

La Suisse est encore très conservatrice si on compare avec la France. La gauche représente, quoi, 25 % des Suisses, pas beaucoup plus !

A l’UDC, soutiendra-t-on unanimement cette initiative ?

L’UDC va suivre, il n’y aura pas de problème, le parti radical c’est moins sûr, c’est un peu l’UMP de la Suisse. Les socialistes vont s’insurger évidemment.

Qu’est-ce qui motiverait les Suisses à ce vote ?

Il y a un retour du désir d’enracinement, une prise de conscience de l’identité. Il y a 10 ans, nous aurions été considérés comme ringards. La question de l’identité est aujourd’hui cruciale. Après Mai 68, on ne pouvait plus parler de morale mais aujourd’hui les soixante-huitards partent à la retraite et d’ailleurs, les socialistes ont perdu la jeunesse.

Ne croyez-vous pas que les instances européennes pourraient faire obstacle à ce projet ?

Ça, on s’en fout, nous sommes dans un pays libre. Déjà ils essayent de faire capoter l’initiative contre les minarets, j’aimerai bien voir, qu’ils osent condamner le peuple suisse ! Nous sommes en démocratie que je sache, bien que parfois certains semblent l’oublier…

Que répondez-vous alors à ceux qui considèrent l’avortement comme un droit ?

C’est pire qu’un droit, c’est devenu un automatisme, on avorte comme on va aux toilettes. C’est comme le sexe qui devient un commerce de la chair. Il ne faut pas s’étonner que les perversions augmentent et DSK n’en est que l’illustration.

Cette initiative va-t-elle déboucher sur autre chose ?

Avec cette initiative on prépare le terrain. Si elle passe, c’est un point de gagné. Le but final est de revenir à une pratique ou l’avortement n’est autorisé qu’en cas de danger pour la vie de la mère.

La Suisse connaît-elle des problèmes démographiques ?

J’ai répondu à Christine Tasin (Présidente de Résistance républicaine, ndlr) qui m’a envoyé un mail m’expliquant qu’elle avait une position différente sur l’avortement bien que nous nous rejoignions sur l’islam. Je lui ai dit ‘bats-toi pour que les 250 000 gamins qui sont avortés chaque année puissent naître et là tu le gagnera ton combat contre l’islamisation’.

Quand le projet sera-t-il examiné ?

Nous devrions déposer le projet dans deux ou trois mois.

Source : Nouvelles de France