Hollywood : deux films anti-avortement recherchent distributeurs

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Deux nouveaux films financés de façon indépendante et véhiculant un point de vue « pro-vie » cherchent distributeurs, nous apprend le Los Angeles Times : “Doonby” (budget : deux millions de $, financé par un homme d’affaire qui souhaite conserver l’anonymat) et “The Life Zone” (budget : un million de $), un thriller écrit par un candidat républicain au Sénat de l’Etat du New Jersey, Kenneth Del Vecchio.

Dans les deux cas, la morale de l’histoire est « pro-vie ». Leurs réalisateurs ne s’en cachent pas : “le message que je souhaite transmettre, en tant que réalisateur, c’est que l’avortement est quelque chose de mauvais” explique Del Vecchio, par ailleurs avocat, ancien juge et auteurs de livres de droit et de romans.

Hollywood rechigne à les distribuer

Aucun des deux n’a pour le moment trouvé de distributeur. « En général, les réalisateurs, les techniciens et les acteurs ont un point de vue très libéral (au sens anglo-saxon du terme, ndlr) et le sujet de l’avortement n’a pas beaucoup d’intérêt pour eux », continue Del Vecchio qui confie « [ne pas aimer] la mentalité hollywoodienne ». “The Life Zone” a été financé par Robert et Joyce Borneman, un couple propriétaire d’une chaîne de bijouteries dans la banlieue de New York. Il a été projeté pour la première fois au public le 4 juin dernier à un festival du cinéma organisé dans le New Jersey par… Del Vecchio, le Hoboken International Film Festival. L’homme a écrit et produit plus de dix autres films à petits budgets via sa société Justice For All Productions, la plupart pour une diffusion par DVDs ou cable, dont “O.B.A.M. Nude”en 2009 sur un accro à la cocaïne communiste qui devient Président des Etats-Unis. L’approche de l’auteur-metteur en scène de “Doonby”, Peter Mackenzie est moins rentre-dedans. Il a montré son film à de nombreux distributeurs le mois dernier et serait actuellement en négociation avec un certain nombre d’entre eux. L’homme espère attirer l’attention sur une question qu’il juge traitée de manière plus décontractée en Europe qu’aux Etats-Unis…

“Doonby’s” a été tournée dans la ville natale de Norma McCorvey, la célèbre « Roe » manipulée de l’arrêt de la Cour suprême de 1973 qui juge la pratique de l’avortement aux Etats-Unis conforme à la constitution,« Roe vs Wade ». Cette femme convertie au christianisme et militante « pro-vie » (son histoire, L’affaire Jane Roe – Histoire d’une manipulaiton, a été traduite par mon confrère Daniel Hamiche) joue un personnage qui avertit une jeune femme de Smithville (Texas) tentée d’avorter. « Les enfants sont un miracle, un don de Dieu » explique McCorvey, « vous avez des responsabilités, ma fille ».

Succès commerciaux

Si ces films ne sont pas les premiers à soulever la question controversée de l’avortement (cf « Knocked Up« de Judd Apatow – 33 millions de $ de budget, 219 millions de $ de recettes mondiales ou “Juno” de Jason Reitman – 6,5 millions de $ de budget, 231 millions de $ de recettes…), c’est la première fois qu’elle est traitée davantage comme une déclaration politique que comme un point d’intrigue (l’héroïne qui choisit, finalement, de ne pas avorter).

Un film indépendant anti-avortement a beaucoup rapporté : “Bella” (2006). Avec un budget de 3 millions de $, il a remporté le People’s Choice Award au Festival international du film de Toronto. L’année suivante, il a réalisé 12 millions de $ de recettes.

Source : Nouvelles de France (Los Angeles Times).