Un "navire pour l’avortement" se dirige vers le Maroc

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Selon les organisateurs de l’ONG "Women on waves", "un ‘navire pour l’avortement’ néerlandais a pour la première fois mis le cap sur un pays musulman, le Maroc, pour offrir des conditions sanitaires améliorées à cette pratique illégale mais très répandue dans le royaume". L’AFP précise que "l’ONG a assuré ‘être en mesure de fournir aux femmes des avortements médicaux légaux en vertu du droit néerlandais, en naviguant dans les eaux internationales’".

 

Interrogée par l’AFP sur les motifs de cette initiative, la fondatrice "a précisé que son ONG répondait à l’invitation d’un collectif marocain, le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali)" et a ajouté qu’ils "espér[aient] pou[voir] rester jusqu’à une semaine".

Ces dernières années, l’AFP précise que l’ONG "a mené […] des actions similaires au large de l’Irlande, de la Pologne, du Portugal et de l’Espagne".

Dans son édition du lundi 1er octobre, "le quotidien arabophone At-Tajdid, proche du PJD, le parti islamiste au pouvoir, s’est interrogé […] sur l’attitude qu’adoptera le gouvernement à l’égard de cette initiative". Interviewé sur les éventuelles réactions du gouvernement, un membre du collectif Mali, Ibtissame Betty, a précisé à l’AFP que "jusque-là, nous n’avons pas rencontré de problème". "Pour sa part, Mme Gomperts a jugé cette ‘réaction difficile à prévoir’ [ajoutant :] ‘j’imagine que cela peut être perçu comme une provocation par certains groupes religieux. Mais c’est de la santé des femmes dont il s’agit. Cela n’a rien à voir avec la religion’ ".

 

 

 

Mais "selon le quotidien Le Soir Echos, une source au sein du ministère de la communication a qualifié cette venue de ‘non-évènement’". En outre, l’AFP précise que "la démarche était en tout cas critiquée dans les médias marocains".

Selon Abdelmalik Zaza, un avocat cité par At Tajdid, le quotidien du parti islamiste au pouvoir, le PJD, "la loi marocaine interdit l’avortement. L’identité religieuse du Maroc fait que c’est interdit (…). Le gouvernement ne peut pas autoriser la venue de ce bateau". 

Réagissant également, le président de l’association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin (Amlac), Chafik Chraïbi, a précisé à l’AFP : "C’est provocateur et ça n’est pas dans l’intérêt de la femme. C’est symbolique mais je ne pense pas que ce soit la bonne approche. La seule manière de faire avancer les choses, c’est par la sensibilisation et le plaidoyer auprès des responsables politiques".

Sources : AFP 03/10/12, AFP 01/10/12 – Libération.fr 01/10/12 via gènéthique (1), (2)