Il sera bientôt plus difficile d'avorter au Québec

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Mille femmes devront trouver sous peu un nouvel endroit avorter à Montréal. À compter du 30 septembre prochain, la clinique de l'Alternative, dans le quartier Centre-Sud de Montréal, cessera de pratiquer des avortements en raison de la nouvelle loi 34.

Le projet de loi 34 encadre une cinquantaine de chirurgies au privé, dont les interruptions volontaires de grossesse (IVG). À compter du 30 septembre, les cliniques doivent se faire reconnaître comme des cliniques médicales spécialisées (CMS) pour pratiquer des avortements remboursés par la RAMQ, ce qui nécessite un permis délivré par le ministère. Sans permis, les cliniques devront cesser leurs opérations.

«Le 30 septembre, après 20 ans de loyaux services, c'est fini», s'est désolée la directrice de la clinique, Micheline Dupuis, lors d'un entretien téléphonique. Les 1036 avortements que la clinique pratiquait chaque année devront se faire ailleurs. «On a dû congédier trois médecins et quatre infirmières. On a vécu un deuil.»

La loi 34, c'est l'exigence de pratiquer les IVG dans des contition de type «bloc opératoire».

Par ailleurs, les autres cliniques d'avortement montréalaises, qui n'ont pas abandonné l'idée d'obtenir ce permis, se débattent actuellement avec le ministère pour devenir des CMS. En effet, aucune des cliniques que Le Devoir a contactées ne possède les équipements de type «bloc opératoire».

Le ministère de la Santé et le Collège des médecins seraient en discussion sur cette question, ce qui pourrait éviter la fin des 5000 IVG pratiquées dans ces cliniques chaque année, soit 18 % de toutes les 27 000 interventions.

Même si les cliniques privées obtiennent gain de cause et que le ministère ajuste les critères pour qu'elles deviennent des CMS, la clinique de l'Alternative ne reviendra pas sur sa décision. «Ma décision est prise, dit sa directrice, j'espère que mes quotas seront distribués dans les autres centres autonomes.»

Source : LeDevoir