"Journée ordinaire dans un centre d'interruption de grossesse"

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Le quotidien Le Parisien relate les propos de Sophie Gaudu, gynécologue-obstétricienne responsable de l'unité d'orthogénie à l'hôpital Cochin-Saint-Vincent-de-Paul. Détenant le "privilège d'aider les autres [femmes] à avoir le nombre de grossesses qu'elles veulent", "Comme dans une épicerie, elle consulte avec un panier en osier. 'Je mets tout dedans, pilule, éponge, anneau, bâton ou gel contraceptifs, stérilet, spermicide. Et je dis à mes patientes : Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ?' " Une attention particulière est portée afin qu'il y ait "peu de chance qu'une femme qui souhaite se faire avorter croise le ventre rond d'une future mère. Pas la peine de brouiller les images". Lors de la consultation pour mineurs, l'équipe voit régulièrement "passer les mêmes profils déboussolés" : dans ce centre d'IVG, pas moins de 20% des patientes ont moins de 19 ans. Les femmes qui viennent sont aussi "victimes des aléas de la vie" : "Avec la crise, les contraintes sont fortes. Comment garder un bébé quand on est en CDD, que le couple vacille ? Dans leur trajectoire, la contraception est compliquée, pas forcément une priorité. Plus elles sont précaires, plus elles peinent à se protéger d'une grossesse non désirée" explique Sophie Gaudu.

Source : Le Parisien