Les mineures recourent de plus en plus souvent à l’avortement

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Selon le dernier rapport de l’Inspection générale des affaires sociales, la pratique de l’IVG chez les 15-17 ans connaît une très forte augmentation. Pour Tugdual Derville, de l'ADV, l’éducation sexuelle et affective dispensée à l’école serait purement « hygiéniste et mécaniste ». « On n’y aborde en effet jamais l’impact décisif de la sexualité sur la vie de chacun.»

Si le nombre d’interruptions volontaires de grossesse est plutôt resté stable ces dernières années, il n’a, en revanche, cessé d’augmenter chez les mineures. Selon le dernier rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), 13 230 jeunes filles âgées de moins de 18 ans ont avorté en 2006, contre 10 722 en 2002.

Cette tendance n’est pas nouvelle. Un rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Dress) de 2006 attestait déjà une hausse constante des IVG chez les mineures depuis le début des années 1990.

Pour expliquer ce mouvement de fond, la contraception est une nouvelle fois mise en avant. À commencer par le recours de moins en moins fréquent au préservatif chez les adolescents. « Ils se contentent souvent de pratiquer le dépistage du virus du sida et, une fois rassurés, ils se passent du préservatif, oubliant au passage que c’est aussi un contraceptif », constate Philippe Brenot, psychiatre et sexologue. Par ailleurs, la pilule reste mal utilisée par les jeunes filles. « La prise de la pilule est très contraignante – car très régulière – et donc peu adaptée à la vie affective des adolescentes », souligne une conseillère du Planning familial. Internet est aussi pointé du doigt : « Nombre de jeunes se contentent d’informations glanées sur les forums en ligne sans se poser de questions sur leur fiabilité », s’inquiète Catherine Sanz, infirmière dans un établissement en banlieue de Grenoble.

L'ADV regrette une vision «hygiéniste et mécaniste»

Les pouvoirs publics entendent donc renforcer l’information en milieu scolaire et y favoriser l’accès aux contraceptifs. Une vision que ne partage pas l’Alliance pour les droits de la vie, qui dénonce « une fuite en avant en matière d’éducation sexuelle à l’école ». « On prend les enfants pour de petits adultes en les surinformant, sans s’interroger sur leurs besoins réels », dénonce Tugdual Derville, délégué général de l’association.

Plus grave, selon le responsable associatif : l’éducation sexuelle et affective dispensée à l’école serait purement « hygiéniste et mécaniste ». « On n’y aborde en effet jamais l’impact décisif de la sexualité sur la vie de chacun. Les rapports sexuels y sont banalisés. On omet totalement de rappeler combien ils engagent les deux partenaires », poursuit Tugdual Derville, qui est convaincu de relayer là une pensée dominante, bien que peu médiatisée.

Il en veut pour preuve que 51% des femmes interrogées dans l’enquête menée par l’Ifop considèrent que les « relations sexuelles sont trop précoces ».

Source : La Croix