Avortement en Argentine : le Gouvernement recule

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Comme on pouvait s’y attendre, la tentative d’alléger la procédure légale conduisant à l’IVG ne passe pas dans l’opinion publique en Argentine. Il faut dire que le Gouvernement fédéral en avait pris un peu à son aise en essayant de passer par la voie d’un guide pratique et directif à l’intention des médecins sans tenir compte de la représentation nationale ni des requis que seule la loi peut fixer comme le nombre de semaines d’aménorrhée durant lequel l’avortement n’est pas considéré comme un infanticide (sans parler des risques encourus par la mère en cas de grossesse très avancée, risques dont on imagine que guide laissait le médecin juge légitime).

Aussi ce matin, tous les journaux argentins reviennent sur l’affaire et sur la marche arrière, par communiqué de presse, de Juan Manzur, le Ministre de la Santé, qui assure que le guide publié (et disponible sur le site du Ministère) ne correspond en aucun cas à une directive de sa part et qu’il n’a lui-même signé aucune résolution en ce sens. Toutefois le Ministre se garde de retirer le guide de la circulation.

Selon le communiqué officiel, l’affaire serait une opération politique montée contre le ministre à l’intérieur du Ministère et Manzur serait prêt à limoger les responsables.

La Nación, quotidien très hostile à la mesure, affirme aujourd’hui qu’il existe pourtant une résolution numérotée (1184), datée du 12 juillet dernier, et dont le guide pratique serait la fidèle application.

Quand le scandale a éclaté dans la journée d’hier, il y avait une réception très médiatique et qui se voulait telle à la Casa Rosada : Cristina Fernández de Kirchner, le Chef d’Etat, signait publiquement le décret d’application de la loi accordant aux couples homosexuels le statut matrimonial plein et entier. Si la cérémonie du Palais présidentiel devait faire diversion, ce qui n’est pas certain, elle aurait donc échoué et de belle manière. Il faudra donc rester attentifs dans les jours et les semaines à venir à la tournure des événements puisque le lancement de la campagne électorale pour l’élection présidentielle, les élections législatives partielles et les élections provinciales est désormais imminent : elles auront lieu en 2011. Ce sujet est très sensible en Argentine et dans toute l’Amérique Latine. Ce sont les seuls pays de la civilisation occidentale où la législation reste prohibitive en la matière.

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